Tribune libre

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Sauvons la culture ! Mercredi 7 mai : mobilisation nationale

Appel à une mobilisation citoyenne pour l’art et la culture

Face au désengagement sans précédent de l’Etat, nous affirmons le caractère essentiel de la création, le droit inaliénable pour tout être humain d’accéder à l’imaginaire et à la pensée, à l’éveil sensible et à l’esprit critique. Tous les champs et toutes les disciplines de l’art et de la culture appellent à une mobilisation pour une politique culturelle ambitieuse, intelligente et généreuse, à la hauteur de l’enjeu démocratique.

Emparez-vous de ce texte, signez-le et faites-le signer sur sauvonslaculture.fr.

Et rendez-vous le mercredi 7 mai pour une grande journée de mobilisation nationale autour du texte, dans tous les lieux d’art et de culture (théâtres, lieux de spectacles et de danse, cinémas publics et privés, lieux d’expositions, lieux d’arts contemporains, lieux de culture multimédia, lieux de musiques, opéras, centres culturels, MJC, foyers ruraux, conservatoires, bibliothèques, médiathèques, universités, écoles, collèges, lycées, musées, écoles d’arts...).

Manifeste d’intérêt général pour l’art et la culture

La remise en cause brutale de nombreux financements liés au soutien à la création indépendante, à la démocratisation de l’accès à la culture, à la politique de la ville, à l’éducation, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle artistiques ou encore aux actions internationales, suscite inquiétude, indignation et colère (1) chez tous ceux qui œuvrent au quotidien pour l’art et la culture.

Cinquante ans de politiques culturelles innovantes et audacieuses ont permis la création d’un maillage culturel territorial quasiment unique au monde. Des salles de cinéma, des théâtres, des bibliothèques, des lieux de spectacles et d’expositions, des artistes de toutes formes d’expression artistique (théâtre, danse, musique, cinéma, arts visuels, arts du cirque et de la rue…) qui se déplacent sur tout le territoire, des associations, des festivals et manifestations liés à tous les arts, permettent partout en France, à un vaste public de rencontrer des œuvres, leurs auteurs et interprètes.

Aujourd’hui, cette richesse collective est mise en péril.

« Le budget d’austérité » proposé par notre ministre de la Culture et de la Communication et par le Premier ministre, ainsi que les arbitrages annoncés pour l’année 2008, les perspectives sombres des futurs budgets bientôt triennaux nous alarment à juste titre. La part de la Culture représente déjà moins de 1 % du budget de l’État. Comment accepter que ce chiffre soit encore révisé à la baisse ?

Des dizaines de milliers d’emplois sont concernés. L’existence même de nombreuses actions et structures est menacée. Mais, par-delà l’aspect financier, c’est le renouvellement des talents, l’unité et la solidarité entre générations, le droit à accéder aux langages de l’art, à l’expression et à la création qui sont en danger.

Les collectivités locales, depuis des années, interviennent massivement en faveur de l’art et de la culture. Si elles sont amenées à jouer un rôle plus important, l’État a un rôle à jouer pour garantir l’égalité entre les territoires et assurer la cohérence, la complémentarité et la diversité des politiques publiques pour la création artistique et son appropriation citoyenne.

Nous soutenons que l’État doit affirmer le caractère essentiel de la création, le droit inaliénable pour tout être humain d’accéder à l’imaginaire et à la pensée, à l’éveil sensible et à l’esprit critique par l’art et la culture.

Pour cela, il doit :

  • garantir la diversité des créations, tant dans leurs moyens de production que de diffusion, et non les réduire à des produits de consommation culturelle en les livrant à la seule loi du marché ;
  • assurer à tout citoyen la rencontre avec des œuvres en accompagnant de manière volontariste l’action et la diffusion culturelles, et en épaulant les artistes et les relais institutionnels et associatifs ;
  • maintenir et promouvoir l’éducation artistique dans les programmes de l’Éducation nationale en lien avec le ministère de la Culture et de la Communication. Réconcilier les enfants, à l’école comme à la télévision, avec toutes les formes d’intelligence ; les aider dans les établissements scolaires comme à l’extérieur, à distinguer une œuvre d’un produit ; leur donner le choix des arts dans leurs diversités, en faire une chance et une arme contre les déterminismes et les divisions.

L’État doit contribuer réellement au financement de cette ambition qui fait de la France une exception et lui confère son rayonnement et son attractivité internationale. Nous devons résister à ces bien maigres économies qui causeront de bien grands dégâts (Victor Hugo).

À quelques semaines de la présidence française de l’Union européenne, nous nous devons de relancer le débat national pour le porter ensuite au niveau communautaire.

Rassemblant toutes les disciplines artistiques, nous exigeons que cette question cruciale soit replacée au cœur des préoccupations de notre société.

Aussi appelons-nous à la mobilisation pour une politique culturelle ambitieuse, intelligente et généreuse, à la hauteur de l’enjeu démocratique.

Lien hypertexte: Sauvons la culture
Posté le 26 avril 2008 par Jocelyne Quélo
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Alerte culture en région PACA

Les membres de l’UFISC [1] en région PACA ont pris l’initiative de s’unir à l’ensemble des fédérations d’associations culturelles du spectacle vivant, des arts numériques, des arts plastiques et de l’audiovisuel pour affirmer leur volonté d’être entendus et associés aux « entretiens de Valois » organisés par la Ministre de la Culture et de la Communication.

Ils invitent l’ensemble des associations, compagnies, artistes et publics à venir les rejoindre

le 1er février à 10h, devant la DRAC à Aix-en-Provence.

Notre territoire ne compte pas moins de 1800 associations, salariant près de 4800 emplois ETP [2]. Ces petites et très petites entreprises sont les plus touchées par le mouvement de fond de désengagement de l’Etat et par la baisse des financements du Ministère de la culture.Les Directions Régionales des Affaires Culturelles annoncent des baisses qui vont jusqu’à 100% sur certains programmes.N’ayant à ce jour reçu aucune information officielle et précise sur ces réductions, une délégation de l’UFISC se présentera à la DRAC afin de réclamer le détail des arbitrages budgétaires de notre région et prendre toutes les initiatives nécessaires pour empêcher ces décisions néfastes de désengagement.

Ces équipes, représentatives des 17 000 structures de spectacle vivant de notre pays [3], participent pleinement à la dynamique artistique et culturelle. Elles constituent le réseau de création et d’innovation artistique le plus dense sur les territoires urbains et ruraux de notre pays et sont par leur proximité, les premières interlocutrices de toute une population.

Ces équipes artistiques et culturelles constituées en entreprises non lucratives ont fait depuis plusieurs années un effort considérable de structuration collective et professionnelle. Dans tous les domaines artistiques, des regroupements professionnels ont vu le jour. Ils ont développé des outils d’analyse et d’évaluation, de soutien, de mutualisation et de représentation. L’UFISC fédère cet ensemble sur le terrain socio-économique. Il paraît impossible à un moment crucial de refondation et de transformation accélérée du secteur culturel d’ignorer ces acteurs fondamentaux de la vie culturelle et artistique.

Les « entretiens de Valois » ne peuvent pas s’engager sans nous. En effet, il serait regrettable, voire dommageable, que le ministère de la Culture et de la Communication s’attache uniquement à débattre, avec des organisations qui rassurent par le poids des institutions publiques ou privées qu’elles représentent en oubliant de convoquer ceux qui au quotidien occupent le terrain auprès de la population et donnent tout son sens à l’action culturelle et artistique.

Organisations professionnelles nationales représentées en région Paca :

  • LA FEDERATION Association Professionnelle des Arts de la Rue
  • FEDUROK Fédération Nationale de Lieux de Musiques Amplifiées/Actuelles
  • SYNAVI Syndicat National des Arts Vivants
  • SCC Syndicat du Cirque de Création
  • FSJ Fédération des Scènes de Jazz et de Musiques Improvisées
  • CITI Centre International pour le Théâtre Itinérant
  • CHAINON FNTAV Fédération des Nouveaux Territoires des Arts Vivants
  • SMA Syndicat national des petites et moyennes structures non lucratives Musiques Actuelles
  • ZONE FRANCHE Le réseau des musiques du monde
  • FNEIJMA Fédération Nationale des Ecole d’Influence Jazz et Musiques Actuelles
  • SNAP CGT Syndicat National des Artistes Plasticiens

Fédérations Régionales Paca :

  • TREMA Territoire Régional et Musiques Actuelles
  • ARPAN Association Régionale des Professionnels des Arts Numériques en paca
  • CERCLE DE MIDI Fédération Régionale du Chaînon/ FNTAV
  • URF CGT Union Régionale Fédérale des Syndicats CGT du Spectacle
  • RESEAU SCENE(S) Réseau de 6 théâtres de l’agglomération Toulonnaise

Des associations non fédérés de l’audiovisuel et du cinéma s’associent au mouvement.

Posté le 29 janvier 2008
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Billet d’humeur : Coup de balai sur la culture multimédia en France

Au regard des différentes infos qui m’arrivent un peu au compte-goutte, il apparaît que tout le champ de la culture multimédia et de la création numérique est aujourd’hui menacé en France. Persistance de l’accès à la culture pour tous sur l’ensemble du territoire national, préservation de la recherche et de la création françaises et des lieux de diffusion sont dans la balayette.

Le programme Espaces Culture Multimédia, développé par le ministère de la Culture et de la Communication depuis 1998 et soutenant le développement et la valorisation de la dimension culturelle des technologies de l’information et de la communication, vient d’être jeté à la poubelle. Et ce n’est pas tout ! Associations culturelles, lieux de culture scientifique, conservatoires nationaux, médiathèques, salles de spectacles, etc., toutes ces structures organisant des actions dédiées à l’appropriation, à l’aide à la création et/ou à la diffusion de la culture multimédia voient l’engagement de l’Etat disparaître.

En clair, le soutien apporté par le ministère de la Culture et de la Communication via la DRAC (Direction régionale des Affaires culturelles) lié à ces projets est majoritairement balayé. Déjà dans chaque région, nombre de lieux sont dans l’obligation d’envisager la suppression totale de leurs actions en ce domaine, entraînant alors chômage et vide culturel local. Et encore, je ne parle pas des répercutions à long terme...

Et pourtant : J’ai été également frappée par la richesse de l’offre culturelle, dans tous les secteurs. La première offre culturelle en Europe, et sans doute au monde, avec un réseau dense, fruit du rêve de Malraux et de cinquante ans de décentralisation. Cette richesse et cette diversité doivent être préservées, disait notre ministre Christine Albanel le 26 septembre dernier lors de la conférence de presse présentant le budget 2008 de son ministère avant de conclure : je crois que ce budget 2008 permettra, tout en consolidant les politiques menées jusqu’à présent, d’engager les réformes nécessaires et de contribuer à la modernisation du ministère. Il conforte l’ambition et l’exigence de la politique culturelle de l’Etat. Il marque également le souci de ne pas aborder les questions uniquement de manière sectorielle, d’un côté la culture, de l’autre la communication, d’un côté le patrimoine, de l’autre la création. Non, je souhaite que l’ensemble des politiques, des instruments, des outils converge au service de la culture, du savoir et de l’information. Car dans un monde qui va de plus en plus vite, dans une société où les repères sont peut-être moins évidents, ils conditionnent notre capacité à nous adapter à l’évolution de notre environnement. C’est pourquoi je vois dans l’accès à la culture et à la communication un enjeu démocratique majeur.

N’était-ce alors qu’un effet d’annonce ? Car aujourd’hui, il est plus qu’urgent de dénoncer cette destruction de la culture par la politique gouvernementale actuelle, cette attaque à la nécessité de transmission et d’éducation à la culture multimédia tant dans son champ lexical que comportemental et ce, bien au-delà d’un simple apprentissage d’outils. Qu’adviendra-t-il si chacun d’entre vous ne peut plus accéder aux ressources qui lui permettront de mieux percevoir le monde dans lequel nous évoluons ? De déterminer en connaissance de cause le choix de ses outils ? Est-il acceptable de se standardiser, de nier la nécessité d’une construction collaborative, participative et consciente non seulement du réseau des réseaux mais également de ses usages ? De permettre à chacun, quel que soit son contexte économique et social de comprendre et participer à l’évolution de son environnement ? L’accès au savoir, à l’information, à l’éducation et à la culture est une priorité.

Hier il s’agissait de déréguler les tuyaux, aujourd’hui l’enjeu ce sont les contenus et les idées. Extrait de l’intervention de Jack Ralite, sénateur de la Seine-Saint-Denis (Ile-de-France), lors de la discussion au Sénat du budget 2008 de la Culture le 4 décembre 2007.

Alors qu’à l’international, artistes et chercheurs travaillent ensemble, que la création numérique est reconnue comme partie intégrante du paysage artistique depuis de nombreuses années, que faisons-nous de celle-ci, ici, en France ? Comment peut-on aujourd’hui faire abstraction de ce pan de la création alors qu’il est transversal et touche l’ensemble des champs artistiques et culturels ?

Il est plus qu’urgent de dénoncer ce risque de disparition de tout un pan de la création artistique en France et des réseaux de diffusion de ces oeuvres. De dénoncer la négation de l’action culturelle menée par les acteurs de l’ensemble du territoire et la disparition des lieux de transmission. Devons-nous accepter stoïquement la mise à mort de l’accès à la recherche, à l’expression, à la création et à l’éducation pour tous ?

Le secteur de l’action artistique et culturelle en France est d’une incroyable diversité et d’une effervescence continue, qui, déjà très précaire, est menacé de disparition par la politique du nouveau Président de la République. Créateur de lien social et d’emplois, le tissu associatif culturel contribue à l’épanouissement des individus, encourage leur créativité et leur émancipation en plaçant l’humain au centre de ses préoccupations. Le secteur de l’action artistique et culturelle déploie, sur tous les territoires où il agit, une vision sensible du monde. (...)
C’est ainsi que des catégories sociales, qui restent souvent à l’écart des lieux culturels intimidants, se retrouvent impliquées d’une manière ou d’une autre dans des projets qui génèrent de la confiance, accroissent leur capacité à décoder le monde et à agir. (...)
Ces initiatives qui s’inscrivent dans une logique de territoire, en milieu rural ou urbain, se développent souvent en coopération avec d’autres acteurs sociaux ou économiques, de telle sorte qu’en plus de leur richesse artistique et culturelle, elles jouent un rôle essentiel de dynamisme économique local, régional ou national. Inscrites le plus souvent dans le champ de l’économie solidaire et du « tiers secteur », elles en révèlent tout le potentiel direct et renforcent l’idée que ce secteur favorise, toujours et partout, l’intégration du long terme et de la dimension humaine dans la vie socio-économique. Certaines de ces initiatives encouragent aussi les relations internationales dans un esprit de coopération avec leurs partenaires étrangers. Le cœur de ces pratiques constitue bien les bases d’une action artistique et culturelle véritablement solidaire, vitale pour nos sociétés. (...)

Extraits d’un manifeste en cours de finalisation transmis par Marc Le Glatin, directeur du Théâtre de Chelles, responsable de ATTAC Culture et auteur du livre Internet : un seisme dans la culture ?, responsable à Paris VIII de la formation politique et gestion de la culture en Europe.


En référence également sur la question des emplois : Associations culturelles & emploi, Premier panorama réalisé par Opale et le CNAR Culture (Centre national d’appui et de ressources sur la filière “culture”).

Egalement en ligne : Cinéma et audiovisuel : vers le démantèlement de la diversité culturelle ?

Posté le 22 janvier 2008 par Jocelyne Quélo
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La Déclaration d’Autrans 2008

Déclaration des 12èmes rencontres d’Autrans. Le web et l’environnement.

En 2007, alors que le « web 2.0 » prend son envol, les groupes de travail du « grenelle de l’environnement » :

  • d’une part ont déploré le manque d’information de la population et souligné le besoin de sensibiliser les jeunes générations,
  • d’autre part, paradoxalement, n’ont formulé aucune proposition concernant la manière dont les TIC pourraient contribuer à la résolution de cette question et des autres problèmes posés lors de ce « grenelle ».

Deux jours de travail permettent de tracer quelques pistes pour comprendre ce paradoxe et répondre à cet enjeu.

L’objectif affiché de ceux qui ont fait de l’Internet un réseau mondial est, depuis plus d’une vingtaine d’années, de donner et maintenir le pouvoir au bout de la ligne, autrement dit d’éviter qu’il soit capturé par des intermédiaires, tels que les grands médias. Le web actuel, avec les blogs, les wiki, la possibilité de publier non seulement des textes, mais aussi des images et des vidéos, de créer des réseaux sociaux et des univers virtuels, est une étape majeure dans la direction voulue et maintenue par ces fondateurs : le bout de la ligne devient un auteur à part entière, un agent économique, un animateur et un participant au fonctionnement de nouvelles intelligences collectives.

Dès lors, il n’est pas surprenant qu’Internet, bien qu’il ait été largement utilisé pour préparer le « grenelle de l’environnement », ait été le grand oublié de ses conclusions. Ce « grenelle » était en effet une négociation où ne participaient que des intermédiaires : les représentants des mouvements écologistes, ceux des entreprises, les administrations et le gouvernement. Il en est résulté une déclaration d’intention, accompagnée d’une grande opération de communication, au moyen de laquelle tous ces acteurs ont été valorisés dans leur rôle d’intermédiation. Rien d’étonnant à ce que bout de la ligne soit le grand oublié même si, dans les déclarations de principe, on affirme que l’essentiel repose sur les décisions des individus.

Plus généralement, l’ignorance du web par le « grenelle » est peut-être le signe avant-coureur d’une plus profonde crise de l’intermédiation. Car, si l’on essaie de se représenter une société où lagrande majorité des citoyens sont devenus familiers du web, ce qui devrait être le cas dans moins d’une génération, l’intelligence collective s’y manifeste dans des réseaux sociaux, des recueils de données et des débats ouverts et fluides. Le rôle des intermédiaires permanents actuels y est singulièrement réduit. Il ne s’agit pas d’une désintermédiation générale. L’expérience montre, au contraire, que l’intermédiation s’accroît quand de nouvelles communications se mettent en place, ne serait-ce que pendant la phase d’apprentissage. Mais il y a crise dans le sens que d’anciennes intermédiations disparaissent alors que de nouvelles se créent. Il n’empêche que, actuellement, les anciennes résistent. Leur combat d’arrière-garde se manifeste par exemple dans la mission Olivennes. À ce sujet, la société civile assemblée à Autrans :

  • conteste sur le fond, une analyse superficielle, et une orientation vers un système de répression d’inspiration totalitaire.
  • déplore qu’une conférence inclusive et participative n’ait pas été organisée, au lieu de consultations bilatérales.
  • conteste totalement le principe de l’établissement d’un système féodal de « basse justice », basé sur les relations contractuelles avec les FAIs, habillé sous le couvert d’une haute autorité. Ce système féodal est contraire aux principes fondamentaux de la République, et des libertés qu’elle incarne.
  • relève le vice du consentement des relations contractuelles avec les FAIs, car celles-ci n’ont été conclues que sous des pressions inéquitables, soit de leurs actionnaires s’immisçant directement dans leur gestion, soit sous la menace de ne pas obtenir de licence.

De même, le maintien de tarifs téléphoniques élevés, notamment pour l’accès Internet par GSM et pour l’international, après que les droits de douane et autres octrois aient été supprimés, alors que la voix et même la vidéo peuvent être transmis librement par Internet, est en contradiction flagrante avec l’objectif officiel, approuvé au niveau européen, de construction d’une « société de la connaissance » pour tous.

Enfin, on peut se demander si la crise financière qui a pris naissance avec les « subprimes » aux Etats-Unis pendant l’été 2007 n’est pas aussi une crise de l’intermédiation, on pourrait même dire une bulle au vu du gonflement indécent des effectifs et des rémunérations du tertiaire financier.

Dans ces conditions, nous recommandons vivement aux pouvoirs publics de faire leur métier, qui est de servir l’intérêt général, lequel ne se confond pas et se confondra de moins en moins avec l’intérêt des intermédiaires en place.

Le « grenelle de l’environnement » a mis en lumière la nécessaire mobilisation de la société pour aller vers des modes de production et de consommation plus soutenables. Pendant les trente dernières années, les systèmes d’intermédiation en vigueur ont engendré gaspillages et destructions de la nature. Dans le cas présent, il ne s’agit pas tant de faire, mais de ne pas empêcher de faire ceux qui sont en bout de ligne, et aussi de mettre à leur disposition gratuitement les outils et les informations qui pourraient leur être utiles.

À titre d’exemple, on peut citer :

 1. Le développement du télétravail, activité professionnelle du bout de la ligne. Le télétravail, entravé par divers règlements et négociations, est dix fois moins développé en France que dans le reste de l’Europe et vingt fois moins qu’aux Etats Unis. Un calcul rapide montre que si 15% de la population active se mettait au télétravail deux jours par semaine (ce qui est en pratique assez réaliste), l’émission de gaz carbonique dans l’atmosphère en serait diminuée de 20 à 30 millions de tonnes par an (l’équivalent de 6 à 8 centrales nucléaires). On ne peut pas dire que ce soit négligeable, au regard des objectifs du « grenelle ».

 2. Les informations cartographiques et les observations scientifiques, par satellite ou sur le terrain, de l’état de l’écosystème, acquises avec l’argent du contribuable, doivent être mises gratuitement par Internet à disposition du public. C’est indispensable, notamment, aux agriculteurs, qui ont à anticiper les effets du changement climatique. Par ailleurs, ces mêmes agriculteurs agissent sous l’emprise des conseils que leur donnent les vendeurs d’engrais et de pesticides, faute d’une mise à disposition gratuite des connaissances, souvent acquises sur fonds publics. Il en résulte des pollutions qui mettront peut-être plusieurs générations à se résorber. Cette recommandation rejoint ce qui a été écrit dans la déclaration d’Autrans 2007 au sujet des informations d’utilité publique à mettre à disposition par Internet gratuitement, structurées pour une consultation facile et dans des formats libres.

 3. Plus généralement, il est à prévoir que l’acquisition, le partage, la diffusion des connaissances et des savoir-faire seront profondément transformés par l’Internet. D’abord la surveillance de l’écosystème utilisera non seulement des moyens lourds centralisés tels que les satellites, mais aussi la compétence des citoyens en bout de ligne sur le terrain, comme le fait par exemple, « l’environment defense fund » aux Etats-Unis. D’autre part, la France dispose d’un enseignement public, c’est-à-dire au service de l’intérêt général, qu’il faut d’urgence mettre au travail pour concevoir et réaliser les outils pédagogiques du futur, de standard international, car le web ne connaît pas les frontières. Il est vraisemblable que la part de l’enseignement à distance augmentera, mais il ne sera pas le seul à évoluer. Le modèle comportemental de la salle de classe, qui a formaté la société depuis deux siècles, laissera place à autre chose, qui reste à inventer. Pour qu’une civilisation prenne soin de la nature, il faut que l’enseignement lui en ait donné l’envie et les moyens. Ce sont à la fois les outils pédagogiques et le contenu des enseignements qui devront contribuer à la préservation de l’écosystème voulue par le « grenelle ».

Il reste peu de temps. Ce ne sont pas les structures et les intermédiaires actuels, trop lourds et trop occupés à se maintenir en place, qui peuvent faire autre chose que ce qu’ils ont fait depuis trente ans. Ce sont les individus, au bout de la ligne, avec leur conscience, qui peuvent changer les choses.

Posté le 16 janvier 2008 par Michel Briand
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Renaissance Numérique s’offre un coup de pub à l’occasion de la sortie de l’Iphone en France

Où comment déguiser une action de lobbying sur l’affectation des fréquences hetziennes libérées par le passage à la TNT en action philantropique pour l’accès pour tous (et partout) à internet.

Rappelez-vous, en avril dernier « Renaissance Numérique », un think tank rassemblant une majorité de dirigeants d’entreprises du monde du net et quelques universitaires, proposait dans un livre Blanc intitulé « 2010, Internet pour tous », 15 mesures pour réduire la fracture numérique.

J’ai publié à l’époque une analyse critique de ces 15 mesures développées dans ce rapport d’une centaine de pages.

Une opération de marketing bien orchestrée

Cette opération de marketing bien orchestrée (voir liens ci-dessous), appelle quelques commentaires.

Le fond du discours n’a pas changé et la quinzaine de mesures médiatisées au printemps constituent toujours la toile de fond de cette « pressée d’automne », comme on dit dans le monde du jus de pommes .

Mais les yeux et les oreilles attentives auront remarqué quelques nouveautés :

  • Renaissance Numérique réclame la nomination d’un Secrétaire d’état en charge du développement numérique.
  • Bien placée au coeur de ce dossier vidéo, on trouve une supplique à propos du « dividende numérique », entendez la question des fréquences hertziennes basses libérées par le passage à la TNT et que les opérateurs se disputent aprement. L’enjeu : l’accès à internet en mobilité.

(pour mieux comprendre le sujet lire l’article de Michel GÉA sur DSLvalley (oct. 2007. On y trouve aussi une liste détaillée des membres du think tank. Pour ceux qui ont le temps et qui veulent approfondir le sujet L’ARCEP publie un grand dossier sur le dividende numérique)

Lutter contre la pauvreté ... ça peut rapporter gros !

Il y est même question du 1% de croissance supplémentaire qu’une lutte contre la fracture numérique pourrait apporter à la France.

Ben, si en plus ça devient rentable de s’occuper des pauvres et des exclus, peut-être faudrait-il en importer davantage d’autres pays, vous croyez pas ?

(D’accord, ça c’est un peu de la mauvaise foi de ma part, mais quand j’entend des types respectables énoncer sérieusement des conneries aussi grosses que ça, je me demande vraiment où ils ont appris à compter !)

Lien hypertexte: Renaissance Numérique
Posté le 29 novembre 2007 par Philippe Cazeneuve
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